samedi 15 novembre 2014

Instants parfaits à Reykjavik

Il y a des voyages où l'on se fait chavirer un peu par nos émotions, vous savez, ce genre de voyage qui donne envie d'être exactement au moment et à l'endroit où vous êtes, et surtout avec la bonne personne. L'Islande, c'était tout cela pour moi et il me faudrait bien des talents d'écrivains pour décrire ces quelques jours passés sourire aux lèvres avec P. Je pourrai bien vous parler du délice de trouver un petit pot de confiture de myrtille sur notre table à notre arrivée, gentiment préparé par notre hôte Anna. Ou de nos promenades dans les supermarchés locaux, à hésiter longuement devant le rayon des skyr qui composeront notre petit-déjeuner (P. a une nette préférence pour la poire, j'aime beaucoup celui au caramel). Vous aurez sûrement plaisir comme nous à déguster un brunch divin au Laudromat Café (clean pour moi, P. s'étant laissé tenter par le dirty brunch), où les murs sont tapissés de cartes du monde, et les étagères remplies de livres - on s'y sent vraiment chez soi.



Peut être que vous aimerez déguster le chocolat brûlant et épicé du Café Haïti, avant de vous laisser guider dans les rues colorées de Reykjavik. Il y aura les maisons de toutes les couleurs, les dessins, sur les murs, les guirlandes de lumières dès que la nuit tombe (tôt, donc).


Je pourrai aussi vous parler de ces ballades que l'on ne voulait pas terminer autour d'un lac brillant, des lobster soup dégustées tout deux serrés sur un banc dans un cabanon de pêche* aux allures très Wes Andersonienne (enfin moi j'ai trouvé, à cause du serveur et son petit bonnet rayé), des white russian sirotés dans un bar* au décor parfait, un soir de grande fatigue (ou d'ivresse, je ne sais plus) ou de ces filles argentiques que l'on a vu défiler au musée de la Photographie (qui se trouve au 6ème étage de la bibliothèque de Reykjavik, où le rayon enfants m'a donné un peu le tournis tellement c'était trop joli). 


Je pourrai choisir de vous décrire les sculptures élégantes de Sigurjón Ólafsson ou l'art digitale du couple Vasulka (que vous pouvez tout deux admirer aux Galeries Nationales d'Islande), mais je crois que j'ai été le plus touchée par la maison pas banale d'Ásmundur Sveinsson. On avait marché pendant très longtemps sous la pluie et était arrivé une quinzaine de minutes avant la fermeture du musée. Je crois que la guide nous a bien aimé car on y est resté bien plus longtemps que prévu, elle nous a laissé admirer les oeuvres tout en rondeur et symétrie de ce sculpteur hors-norme. Elle avait un rire très doux et a eu besoin de ses lunettes lorsque P. a acheté une très jolie affiche en chuchotant it's a surprise. J'ai fait comme si je n'avais pas entendu et l'affiche trône maintenant fièrement dans l'appartement.


Il faudrait peut être finir sur cette nature islandaise, d'une beauté rare à vous couper le souffle. Sur ces nuits où le ciel s'illumine aux couleurs des aurores boréales, où le froid glacial de minuit et la chaleur de P. me font un peu tourner la tête (ou alors était-ce la gorgée de brennivín?). Sur le bleu du Blue Lagoon, ou le blanc des glaciers. Je sais que je ne trouverai pas les mots alors je garde tout cela pour moi, pour nous, il y aura toujours le papier glacé des photographies pour nous rappeler ces moments où c'était là, c'était maintenant, c'était avec lui.





Carnet d'adresses
*les brunch parfaits et autres gourmandises sont servis au Laundromat CaféAusturstræti 9, Austurstræti, 101 Reykjavík 
*pour un café ou chocolat très chaud, c'est au Café HaitiGeirsgata 7c, 101 Reykjavik
*les meilleures lobster soups sont à déguster au Saegreifinn, Geirsgata 8, 101 Reykjavik
*les whites russians sont bien sur servis au Lebowski Bar,Laugavegur 2a, 101 Reykjavík 

*musée de la photographie,Grófarhús, Tryggvagata 15, 101 Reykjavík
*Ásmundur Sveinsson Sculpture Museum
*National gallery of Iceland, Fríkirkjuvegur 7 101 Reykjavík

*pour les achats inutiles mais indispensables, allez faire un tour a Tiger, Laugavegi 13, 101 Reykjavik
*pour des gros pulls en laine et des bonnets tout doux, il faut aller à Geysir, Skólavörðustíg 16, 101 Reykjavík

mardi 21 octobre 2014

Un petit déj' de champion - avant l'Islande!

Olala, je fais vite car l'excitation est à son comble - demain soir, nous commençons notre périple jusqu'en Islande avec P. (c'est tout un périple oui, depuis Kilkenny!)
Cette semaine est donc passée au rythme des vêtements chauds à laver, des valises à préparer et de tout le travail à terminer, quand même. 
Du coup il nous fallait bien une recette de petit déj' de champion



Smoothie kiwi-lait d'avoine
inspirée de la très inspirée Gelatoallimon

Pour 2 grands verres

3 kiwis
1 petite banane (pas obligatoire)
50cl de lait d'avoine
1 c. à café d'extrait de vanille naturel

Dans le blender, mixer le tout (après avoir éplucher les fruits...). Déguster immédiatement. Avec une jolie paille c'est mieux.


dimanche 12 octobre 2014

Un curry pour deux

Ceci est une note très courte car parfois, il n'y a pas grand chose à dire (et puis il fait terriblement beau dehors, fait très rare ces derniers jours, donc je me presse, je ne voudrais pas manquer ça). C'est un plat que j'ai fait pour la première fois il y a un petit moment déjà, à peu près à la même époque, pour fêter notre emménagement commun avec P. Le garçon a été terriblement séduit, et puis il a dû être convaincu car un an après, on vit toujours ensemble, et il y a toujours ce curry à notre table.


Un curry très doux de crevettes et lychees 

C'est terriblement simple. Il faut commencer par décortiquer et nettoyer une vingtaine de crevettes (je les achète déjà cuites, si elles sont crues il faudra juste prolonger un peu la cuisson). Hacher finement une gousse d'ail, deux petites échalotes et un beau morceau de gingembre frais (un petit pouce). Dans un wok (ou une poêle assez large), faire chauffer un peu d'huile d'olive. Lorsque l'huile est bien chaude, y verser les échalotes, l'ail et le gingembre. Lorsque les échalotes deviennent transparentes, ajouter 1 à 2 cuillères à café de très bon curry en poudre (j'utilise de la poudre Rajah que ma petite maman me ramène toujours de l'île Maurice) et 1 cuillère à café de curcuma. Faire roussir deux minutes. Verser les crevettes et une petite boîte de lychees (égouttés et coupés en quatre, garder un peu de jus), et faire revenir quelques minutes, juste le temps de prendre une jolie couleur. Verser une petite boîte de lait de coco (400mL) et environ 2 cuillères à soupe du jus des lychees, et laisser mijoter 5 à 10 minutes. Juste avant la fin de la cuisson, ajouter 1 cuillère à soupe de sauce nuoc nam. Servez bien chaud, accompagné de riz au jasmin et de beaucoup de coriandre fraîche.



mardi 7 octobre 2014

Septembre est souvent comme un second et court printemps - Blackberry and buttermilk cake

Cette année, Septembre a défilé bien plus vite que d'habitude. Difficile de se dire qu'Octobre est déjà là, avec ces décorations d'Halloween qui habillent les shops, les monkey peanuts qui envahissent les supermarchés (je ne sais pas bien pourquoi mais ici Halloween est synonyme de cacahuètes), et les tea bracks que l'on déguste au petit-déjeuner.
Cette année, Septembre a défilé à la lecture de biens belles choses, il y a eu des soirées cinémas très réussies dans notre pub préféré (le dernier Jim Jarmush, Ascenseur pour l'Echafaud et puis le très beau The selfish giant), beaucoup trop d'heures passées au studio, un joli set de correspondance pour écrire à des filles dont je ne peux me passer, de jolis colis envoyés et reçus, et puis une visite que j'attendais avec impatience.
Cette année, Septembre a défilé au goût de club-sandwhich dégusté à la terrasse d'un café,  des premiers roasts de l'année (un poulet rôti au citron confit et une épaule d'agneau confite au thym), signe des premières soirées de grand froid, d'un gâteau aux pommes qui est revenu très souvent à l'heure du goûter, et puis surtout des mûres en pagaille - en crumble (mon préféré), en cobbler, en tarte ou en soufflé - et puis en gâteau moelleux mais qui croque quand même un peu,
le très réconfortant Blackberry and Buttermilk cake (cet été il a souvent été sur notre table avec de la rhubarbe, cette version est plutôt du genre fin août, début septembre).



Pour un petit moule à cake d'environ 22cm
Pour le topping:
30g de farine de blé
30g de sucre roux 
30g de beurre doux, à température ambiante
30g de noisettes grossièrement hachées
1/2 c. à café de muscade en poudre
Pour le cake:
160g de farine de blé
90g de sucre en poudre
1 sachet de poudre à lever
1/2 c. à café de sel fin
2 gros oeufs bien élevés
120ml de buttermilk
60g de beurre doux fondu
1 c. à café d'eau de fleur d'oranger
250 à 300g de mûres, fraîches (ou surgelées quand elles ne sont plus de saison)

Commencer par préchauffer le four à 180°C.
Beurrer un moule à cake de 22cm et le mettre de côté.
Préparer le topping
Dans un bol, mélanger la farine, le sucre, et la noix de muscade. Ajouter les noisettes, puis le beurre, et mélanger grossièrement du bout des doigts, comme pour préparer un crumble. Réserver.
Pour le cake, mélanger dans un saladier la farine, la levure, et le sel. Ajouter les oeufs, le beurre fondu (et refroidi), l'eau de fleur d'oranger et le buttermilk, et mélanger à l'aide d'un fouet ou d'une fourchette jusqu'à ce que l'appareil soit homogène. Incorporer délicatement les mûres au mélange, afin d'éviter qu'elles ne s'écrasent. 
Verser dans le moule à cake et lisser le dessus à l'aide d'une spatule.
Enfourner pour 15min, le dessus du gâteau doit à peine prendre. Y saupoudrer le crumble et enfourner de nouveau pour 45min. Bien surveiller, si le dessus colore trop vite, protéger à l'aide de papier d'aluminium. Au bout de ce temps, un couteau doit sortir bien prendre du centre de gâteau. Laissez refroidir complètement avant de déguster (trop bon avec une grosse cuillère de custard!).

Et puis finalement, Octobre ne s'annonce pas si mal que ça, avec ce journal hebdomadaire de Truffaut par Truffaut - j'ai même hâte d'être lundi prochain! J'ai été terriblement émue de lire au dos d'une enveloppe destinée à Robert Lachenay "Celui dont les lettres te sont les plus chers", j'ai même repris une petite part de cake pour m'en remettre (non mais vraiment, qui ne rêve pas de trouver cela en ouvrant sa boîte aux lettres?).

jeudi 2 octobre 2014

Une pizza d'automne - Butternut, bleu et sauge

Si l'envie vous a pris cette semaine de réaliser un risotto butternut, et que, comme moi, vous vous retrouvez avec une moitié de courge qui se demande bien comment elle va finir (la dernière fois c'était en soupe avec de la pomme et un peu de poudre à curry, délicieux!), alors vous serez peut être tenté par cette pizza d'automne, parfaite pour les soirées où la nuit tombe trop vite.


Pizza à la courge butternut, sauge et bleu
Pour 2-3 personnes

Pour la pâte à pizza (cela vous donnera 2 pâtes à pizza, vous pouvez congeler l'autre paton ou doubler les proportions de garniture)
7g de levure de boulanger sèche (ou 15g de levure de boulanger fraîche, dans ce cas il faut la diluer dans l'eau tiède)
260mL d'eau tiède
450g de farine
2 cuillères à café de sel
5 cuillères à soupe d'huile d'olive 

Pour la garniture
Une petite moitié de courge butternut
Une dizaine de feuilles de sauge, lavées et très bien séchées
Environ 30g de bleu, émietté grossièrement (j'ai utilisé du Cashel Blue)
Environ 30g de parmesan fraîchement râpé
200g de ricotta
2 c. à soupe de crème fraîche liquide
Du poivre
De l'huile d'olive

Commencer par préparer la pâte à pizza.
Mettre la farine dans un saladier, ajouter le sel, la levure et mélanger. Faire un puits, y ajouter l'huile d'olive et l'eau. Mélanger d'une main (la pâte est collante) puis pétrir pendant 10-15 minutes sur un plan de travail fariné, jusqu'à ce que la pâte devienne souple et homogène. Recouvrir le saladier d'un torchon propre et laisser lever 1 heure pour que la pâte double de volume.
Pendant ce temps, éplucher soigneusement votre courge butternut et la découper en rondelles, pas trop fines. Les disposer sur une plaque allant au four, napper d'huile d'olive, saler et poivrer. Si votre four à une fonction grill, faire cuire la butternut pendant 10 à 15min, en retournant à mi-cuisson, jusqu'à ce qu'elle soit moelleuse et dorée. Vous pouvez aussi la faire au four traditionnel à 190°C pendant environ 20min. Réserver.
Dans un bol, mélanger la ricotta et la crème fraîche, poivrer. Réserver.
Préchauffer le four à 200°C.
Lorsque la pâte à pizza à doubler de volume, dégazer la pâte et la partager en deux, former deux boules de pâte. Vous n'en avez besoin que d'une seule pour cette recette. 
Etaler la pâte sur une plaque à pâtisserie recouverte de papier sulfurisée (ou mieux, une plaque à pizza si vous en avez une). Recouvrir du mélange de ricotta, ajouter joliment les rondelles de butternut, saupoudrer de parmesan et verser un filet d'huile d'olive.
Enfourner la pizza pour 15-20min, ajouter le bleu a mi-cuisson (sinon il colore trop vite).
Pendant ce temps, faire chauffer un fond épais d'huile de tournesol dans une petite casserole. Dès que l'huile est chaude, y verser les feuilles de sauge, une par une, jusqu'à ce qu'elles prennent une belle couleur (cela prend environ 5 à 10sec, il faut bien surveiller). Déposer dans un bol recouvert de papier absorbant. Lorsque la pizza est bien dorée, la sortir du feu, y déposer les feuilles de sauge croustillante et servir immédiatement!

En plus de la pizza butternut, cette semaine j'ai aussi découvert la plus chouette des radios à voyager dans le temps (pour le moment, j'ai adoré me plonger dans les 50's aux US, mais c'était très prévisible).

mardi 23 septembre 2014

Après la pluie - Butternut squash and sage risotto

Ce qu'il a de bien, avec ces après-midis irlandais pluvieux, c'est qu'il n'y aucune raison de culpabiliser lorsque l'on ne pointe pas le nez dehors. On peut s'attarder devant les photographies bouleversantes de Gerry Andrews, d'une Irlande des 70's,  les visages marquées, les pintes de brunes, les tâches de rousseurs, les rides marquées, les dos courbés (en ce moment et jusqu'au 5 janvier au National Library of Ireland's National Photographic Archive). On peut siroter un hot cider (du cidre chaud, épicé à la cannelle) en attendant que la pluie cesse, hésiter longuement entre deux bandes dessinées puis finalement partir avec les deux (j'avais été très émue de trouver le premier album du Combat Ordinaire dans la petite boutique secrète des livres a Dublin, je pouvais pas partir sans - l'autre a été offerte par P. qui s'impatientait devant mon hésitation), engloutir un cherry candied giant scone au goûter, s'enfermer dans une salle de cinéma et admirer la nouvelle création du merveilleux studio Laika. On dîne plus tard de soupes, de copieuses cottage pie ou encore d'un risotto coloré.



Butternut squash and sage risotto
(risotto à la sauge et butternut)
Pour trois bons appétits, il vous faut:

Une moitié de petite butternut squash
Une échalote émincée

200g de riz Arborio de bonne qualité
Environ 800mL de bouillon de légumes corsés (n'hésitez pas sur la qualité du bouillon)
Un verre de vin blanc, italien de préférence
Un oignon blanc, émincé
Une dizaine de feuilles de sauge, émincées finement
100g de parmesan
De l'huile d'olive

Pour servir - quelques cuillères de ricotta fraîche, du poivre fraîchement moulu, des flocons de piments séchés (si l'on aime) et un peu plus de parmesan râpé (si comme moi, vous trouvez qu'il n'y a jamais assez de parmesan - surtout au restaurant).

Commencez par préparer votre butternut, c'est le plus laborieux. Epluchez votre courge à l'aide d'un bon couteau (attention à vos petits doigts), et découpez la en petit cubes. 
Dans une sauteuse ou une poêle à bord hauts, faites chauffer à feu vif de l'huile d'olive et ajoutez-y l'échalote. Une fois que tout cela commence à dorer, ajoutez les cubes de butternut et faites revenir pendant 5 min. Baissez le feu, et laissez cuire à couvert pendant 10 à 15 min, juste le temps que la butternut soit moelleuse et à peine dorée. Réservez au chaud.
Dans la même poêle, faites chauffer à nouveau un peu d'huile d'olive (vous devriez avoir des restes de la première utilisation) et lorsque l'huile est bien chaude, ajoutez l'oignon émincé.
Lorsque ce dernier est bien transparent (et que ça commence à sentir bon), versez le riz en une seule fois et faites le revenir tout en remuant à l'aide d'une cuillère en bois jusqu'à ce qu'il devienne translucide. Versez le vin blanc et ne cessez pas de remuer. Lorsque le riz a absorbé tout le vin (cet ivrogne), baissez légèrement le feu et ajoutez une louche de bouillon. Répétez l'opération dès que tout le bouillon est absorbé par le riz, c'est important d'ajouter une louche à la fois (et d'être patient). Cela prendra 20 minutes. Lorsque le riz est prêt, ajoutez les cubes de butternut, le parmesan et la sauge ciselée et mélangez bien. Disposez une bonne quantité de risotto dans des assiettes creuses préalablement réchauffées, ajoutez quelques cuillerées de ricotta, parsemez d'un peu plus de parmesan, des flocons de piment, poivrez généreusement et dégustez sans attendre!

mardi 9 septembre 2014

Life is a combination of magic and pasta (F. Fellini)

Ce dimanche avait le goût des veilles de rentrée des classes - il y avait le ciel un peu gris,  l'achat de nouveaux petits carnets, des biscuits très épicés dans le four et un film très beau sous le plaid, dans le canapé. Septembre me rappelle les années d'études du cinéma, les notes que l'on prenait sous la dictée du grand J.B., les longues listes de films à voir, les après-midi passées à la Cinémathèque. Il fallait préparer les lunchbox du midi, les trajets de RER, les plateaux (de tournage). C'était chouette, tout cela. C'était il y a quelques années que l'on n'a pas vu passé déjà. Aujourd'hui il n'y a plus de plateau ni de RER (heureusement), mais un joli studio d'animation à la place. J'avais un peu la boule au ventre en pensant à tout ça, il a donc été très vite convenu qu'il y aurait à dîner un plat très doudou pour essayer de faire passer la rentrée. Il faut le déguster brûlant, en pensant un peu aux petits fauteuils rouges des salles de cinéma - les orecchiette con Broccolo Romanesco e Acciughe*

Il vous suffit d'acheter cette semaine au marché un petit chou romanesco qui vous fait franchement de l'oeil (c'est son côté star de cinéma). Une fois ramené à la maison, vous le rincez aimablement, et vous le découpez en fleurets (assez petits, les fleurets - plus c'est petit, plus c'est joli). Puis vous le jetez délicatement dans un grand volume d'eau bouillante salée, pour environ 6 à 8 minutes, jusqu'à ce qu'il soit tendre. 
Vous faites cuire 200g d'orecchiette dans un autre grand volume d'eau bouillante salée, jusqu'à ce qu'elles soient al dente (12min chez moi).
Pendant ce temps, vous mélangez dans un mortier 6 à 7 filets d'anchois de bonne qualité, deux gousses d'ail écrasées et une pincée de flocons de piments secs (à adapter selon vos goûts). Une fois ce mélange prêt, faites chauffer de l'huile d'olive dans une poêle, ajoutez le mélange aux anchois et faites dorer quelques minutes. Versez y le jus d'un demi-citron (gardez les zestes pour servir) et un peu d'eau de cuisson des pâtes. Lorsqu'ils sont cuits, rincez rapidement les petits fleurets de chou sous l'eau froide pour qu'ils gardent leur belle couleur. Vous les ajoutez avec attention à la pâte d'anchois et vous faites revenir quelques minutes, juste le temps de les chauffer un peu. Mélangez très vite aux pâtes brûlantes, parsemez de zestes de citron, de parmesan fraîchement râpé (ou de pecorino), poivrez généreusement et dégustez sans attendre. 


Vous me direz?
*c'est une recette inspirée de celle d'Antonio Carluccio dans Pasta, très beau livre dont j'avais déjà parlé ici.