lundi 25 août 2014

Lòn - Un déjeuner irlandais (2)

Si vous aussi vous  êtes soup-enthousiastic, vous allez aimer les déjeuners irlandais. Je dois avouer que je n'ai jamais autant soupé que depuis que je vis à Kilkenny. La soupe est à tous les menus, été comme hiver, elle varie simplement avec les saisons. Panais-cumin et la classique pommes de terre-poireaux en hiver (avec des copeaux de Porter cheddar, c'est à tomber), tomates rôties-basilic et épinard-fêta en été. Ou bien, comme moi, choisissez la soupe très douce de P., que je ne me lasse pas de lui réclamer. Si vous êtes sceptique du fenouil, essayez et vous me direz!

La soupe de fenouil, poire et amande de P.


1 fenouil de bonne taille
1 belle poire
1 oignon, coupé grossièrement en morceaux
1 gousse d'ail, tranchée finement
600ml de bouillon de légumes de bonne qualité
Deux belles poignées d'amandes effilées, toastées (+ un peu plus pour servir)

A l'aide de votre couteau préféré, découper le fenouil en lamelles, et la poire (sans la peau) en morceaux (pas la peine de faire trop petit). 
Dans un fait-tout, faire chauffer à feu moyen 2 cuillères à soupe d'huile d'olive, et ajouter oignon et ail lorsqu'elle est bien chaude. Faire suer pendant 5min, puis ajouter le fenouil et la poire. Baisser un peu le feu et laisser dorer pendant 10min. Ca va sentir très bon.
Lorsque tout cela a pris une jolie couleur, verser le bouillon, couvrir et laisser mijoter pendant 20 à 30min. Les légumes doivent être bien fondants. 
Hors du feu, mixer à l'aide d'un mixeur-plongeant (ou dans un blender, la texture sera plus douce). Ajouter les amandes effilées, et mixer à nouveau. Assaisonner selon votre goût.
Servir dans des petits bols bien chauds et parsemer du reste d'amandes effilées.

Broccoli and Cashel blue cheese Soup
C'est une des soupes que je préfère, pour les dimanches soirs un peu gris mais pas tristes. Elle se prépare en un temps record, juste le temps de découper quelques tranches du soda bread acheté le matin et de choisir le film qui ponctuera notre soirée (en ce moment, je suis très Ken Loach et Mike Leigh - cette soupe est parfaite dégustée assise en tailleurs sur le canapé, en admirant la cuisine de Tom et Gerry dans Another Year - non mais franchement, cette cuisine, j'en rêve!). Aparté fait, cette soupe est en réalité la cousine de la très anglaise Broccoli and Stilton soup, mais pour un menu Irlandais, il convenait d'utiliser du Cashel Blue. Pour une version "frenchie", on peut utiliser du Bleu d'Auvergne, le roquefort serait un peu trop fort en goût, je pense.

1 belle tête de brocoli
50g de fromage Cashel blue (plus quelques fines tranches pour servir)
1 oignon émincé
1 gousse d'ail écrasée
500ml de bouillon de légumes
100ml de crème liquide
Poivre

Découper le brocoli en florets, et réserver.
Dans un grand fait-tout, faire chauffer de l'huile d'olive et ajouter les oignons émincés. Les laisser fondre à feu doux. Lorsque les oignons sont transparents, ajouter le brocoli et l'ail. Faire revenir environ 5 minutes en augmentant la température du feu, puis ajouter le bouillon de légumes. Couvrir, et laisser mijoter 15 minutes à feu doux. 
Retirer du feu, ajouter le fromage et la crème liquide, et mixer (dans un blender ou au mixeur-plongeant). Poivrer généreusement (le fromage est déjà assez salé je trouve, mais assaisonner selon le goût). Servir bien chaud, ajouter quelques tranches de fromage si le goût vous en dit, accompagnée de très bon pain (le pain à la Guinness ferait très bien l'affaire par exemple).

samedi 16 août 2014

Lòn - Un déjeuner irlandais (1)

 

On entre dans le pub, et il faut quelques minutes à nos yeux pour s'habituer à l'obscurité. La salle est longue et le plafond bas, on s'assoit à la table que l'on préfère, celle près de la fenêtre. La gentille serveuse nous apporte un thé pour deux (elle demande toujours en nous voyant entrer: "a tea for two?" et je trouve cela absolument charmant). J'aime l'odeur âcre qui flotte dans l'air, ce mélange de bois un peu vieux et de bière. Sur l'ardoise, il y a toujours un assortiment de soupes plus délicieuses les unes que les autres (patates douces-poivrons rôtis, champignons et Porto, tomates rôties et chorizo, panais, amande et cumin, entre autres), servies avec du pain maison, ou des sandwiches à vous achever. Tout y est délicieusement simple, et c'est ce que j'aime dans la cuisine des pub. Rien d'affriolant. Le thé est servi dans une modeste théière en terre cuite, elle même délicatement emmitouflée dans un couvre-théière très doudou (mon préféré étant celui en forme de hibou). Les soupes sont toujours brûlantes, les sandwiches bien garnis. J'aime tous les petits détails: le petit panier, sur le comptoir, où se trouvent chutney, relish et autres condiments indispensables à la personnalisation de votre sandwich; le signe, à l'entrée qui dit "food served here"; les photos au mur de John (Cleere, donc) et diverses personnalités; les affiches de théâtre (car oui, il y a aussi une petite scène qui sert de théâtre à l'arrière du pub, je trouve cela enchantant!); le cheddar filant dans le pain toasté;  le feu dans la cheminée l'hiver.
***
Après cette longue introduction et pour démarrer ce menu irlandais (et faire un peu comme si l'on était au pub), du pain très doux à la Guinness et des rillettes de saumon fumé!




Guinness and treacle Bread 
(pain à la Guinness et mélasse)
d'après une recette adaptée du livre "A Year at Avoca Cookbook"
Pour un moule à cake de 22cm, il vous faudra:

125g de farine blanche de bonne qualité
1 cuillère à café bombée de bicarbonate de soude (soda bread)
1 cuillère à café bombée de sel
450g de farine complète (en Irlande, on trouve une farine complète moulue grossièrement où l’on y retrouve l’enveloppe du grain de blé - le son)
200ml de buttermilk (ou 200ml de lait auquel on ajoute environ 2 cuillère à soupe de jus de citron)
100g de black treacle (mélasse noire, on la trouve généralement au rayon de produits étrangers ou épicerie fine des supermarchés, dans de très jolies boîtes qui font de très chouettes pots à crayons!)
100ml de Guinness
Environ 20g de petits flocons d'avoine

Ce pain est une version très douce et un peu sucrée du traditionnel Irish Soda Bread. 
Préchauffer le four à 180°C.
Dans un grand bol, commencer par mélanger la farine blanche, le sel et le bicarbonate de soude. Ajouter la farine complète. Bien mélanger, et faire un puit au centre. Y verser le buttermilk, le treacle et la Guinness. Mélanger à l'aide d'une cuillère en bois (la pâte est assez collante). Verser la pâte dans un moule à cake préalablement recouvert de papier sulfurisé, et saupoudrer de petits flocons d'avoine. Faire cuire 25 minutes dans le four préchauffé, puis réduire la température à 170°C et faire cuire pour encore 35 minutes. 
Laissez refroidir avant de déguster avec les rillettes ci-dessous, ou quelques tranches de vieux cheddar.


Smocked salmon rillettes 
(rillettes de saumon  fumée)
Pour deux petits pots
1 filet de saumon fumé (environ 125g), sans la peau (de production irlandaise, si possible!)
2 belles cuillères à soupe de crème fraîche épaisse
50g de creamcheese, type Philadelphia ou St-Moret
1 cuillère à café de crème de raifort
2 petits oignons nouveaux, hachés finement (le vert et le blanc)
Le jus d'un demi-citron
Une belle poignée d'aneth hachée
Du poivre

A l'aide d'une fourchette (ou d'un petit mixeur), effriter le filet de saumon fumé dans un bol, et y incorporer la crème fraîche, le Philadelphia (ou tout autre fromage frais de votre choix) et la crème de raifort. Ajouter les oignons nouveaux, le jus de citron et les herbes fraîches (aneth et les queues d'oignons nouveaux, on peut aussi remplacer les queues d'oignons nouveaux par de la ciboulette). Bien poivrer, et mélanger. Verser dans des petits pots ou ramequins, et laisser au frais au moins une heure avant de servir, accompagnés d'une salade de cresson, pousses d'épinard, roquette et pommes Granny Smith.
Ces petits pots de rillettes se conservent très bien au réfrigérateur pendant 1 semaine.

lundi 4 août 2014

Summer blondie

Il a le goût des vacances et des copains. Des barbecues d'été qui n'en finissent pas, de la B.O de Drive, de la nostalgie de nos années étudiantes. Je l'emmène partout, en pique-nique, à une séance de cinéma en plein air, chez les copines pour le café un peu gourmand. Je triche un peu ici, car c'est une recette que je fais depuis très longtemps, je ne pourrais compter le nombre de fois où je l'ai réalisé. Dernièrement, c'est le gâteau que j'ai laissé sur la table de la cuisine, pour mon P. qui restait à Kilkenny pendant que je m'en allais vadrouiller dans mon pays natal (j'avais demandé du fromage à tous les repas à ma petite maman). Il lui fallait bien une petite douceur pour compenser l'absence (de fromage, donc). J'en ai refait un cette semaine, pour faire passer la saveur un peu amère des vacances déjà finies (c'était bien - il y eu un crumble à l'abricot à tomber, une tarte à la confiture divine, des copines pour papoter, de la Clairette à siroter).


Summer Blondie (brownie au chocolat blanc & framboises)
Pour un moule carré d'environ 24x24cm

100g de beurre doux
100 de sucre en poudre
4 oeufs bien élevés
250g de chocolat blanc pâtissier de bonne qualité
150g de noix de pécan, ou tout autre noix de votre choix (j'aime bien le faire en version plus chic avec un mélange amandes-pistaches)
120g de farine
1 c. à café d'extrait naturel de vanille
Une petite barquette de framboises fraîches (environ 125g)

Faire chauffer votre four à 170°C.
Dans un saladier, commencer par casser les oeufs, y ajouter le sucre et battre vivement. Mettre de côté.
Dans un autre bol, faire fondre 200g de chocolat blanc et le beurre, selon la méthode que vous préférez (personnellement, je suis une grosse flemmarde et le fais au micro-ondes). Lorsque tout est bien fondu, fouetter légèrement le chocolat et le beurre jusqu'à ce que le mélange soit bien lisse. Verser dans le mélange aux oeufs, bien mélanger. Ajouter la farine et l'extrait de vanille, mélanger à nouveau.
Hacher grossièrement les 50g de chocolat restant, ajouter les au mélange, ainsi que les noix et les framboises, délicatement afin d'éviter que ces dernières ne s'écrasent.
Verser le tout dans un moule carré recouvert de papier sulfurisé et enfourner pendant 20 à 25 minutes (le dessus du blondie doit être bien doré).
Laisser complètement refroidir avant de déguster. C'est très bon avec un coulis de framboises ou un peu de crème anglaise.

Sinon, aux prochains billets, je vous prépare un chouette menu irlandais!


dimanche 6 juillet 2014

Un petit-dejeuner bien aimable (carrot cake pancakes)

Je m'etais levée un peu plus tôt ce matin-là. J'avais mis le café à chauffer pour lui, l'eau à bouillir pour mon Irish tea. Pressé aimablement deux pamplemousses, et rempli deux petits ramequins de salade de fruits (nectarines, framboises et cerises du marché). Il y avait dans la frigo un reste de carottes râpées, à qui je réservais le sort plaisant de se transformer en petites crêpes épaisses et toutes douces, repérées sur le très joli blog Smitten Kitchen. Nous n'avons fait qu'une bouchée de ces carrot cake pancakes
De quoi oublier la pluie au-dehors.


Pour les pancakes (environ une douzaine):
Environ 400g de carottes râpées finement
150g de farine
1 et demi c. à café de poudre à lever
1 c. à café de cannelle en poudre
1 c. à café de mélange quatre-épices
1/2 c. à café de gingembre en poudre
1 oeuf bien élevé
2 c. à soupe de sucre brun
20 cl de buttermilk (ou 20 cl de lait auquel vous ajouter 2 c. à café de jus de citron)
1 c. à a café d'extrait de vanille
50g de noix de pécan concassées, plus quelques noix pour servir
Une pincée de sel fin

Dans un saladier, mélanger la farine, la poudre à lever, le sel, les épices et les noix de pécans. Dans un autre bol, fouetter vivement l'oeuf et le sucre. Y ajouter le buttermilk et l'extrait de vanille. Verser les carottes et bien mélanger. Incorporer le mélange de carottes au mélange sec, jusqu'à obtenir une mixture homogène. Laisser reposer quelques minutes le temps de préparer le glaçage.

Pour le glaçage au cream-cheese:
100g de cream-chesse type Philadelphia
4 à 5 c. à soupe de sucre glace
1 c. à café d'extrait de vanille

Dans un petit bol, mélanger tous les ingrédients vivement. On peut y ajouter des zestes de citrons ou d'oranges, si on aime. C'est tout.

Pour faire cuire les pancakes, faire fondre une noix de beurre dans une poêle sur feu moyen. Lorsque le beurre est fondu, déposer 2 cuillères à soupe d'appareil par pancake (il vaut mieux faire des pancakes de petites tailles, elles seront plus faciles à manipuler). Faire cuire jusqu'à ce que les deux côtés soient bien dorés. Server avec une belle cuillère de cream-cheese, et des noix de pécan concacassés (trop bon aussi avec du sirop d'érable).

***

Sinon deux rendez-vous à ne pas manquer cet été sur France Culture, si comme moi vous pensez que la vie serait un peu triste sans Alain Resnais et Marguerite Duras:

dimanche 29 juin 2014

Je n'ai plus de madeleines.

Il était tard et P. travaillait encore  à côté de moi, je regardais pour la énième fois Les Amours Imaginaires, en sifflotant bang bang et me répétant "on a intérêt à avoir un quotient intellectuel compensatoire quand on a les yeux bruns". Je me replonge dans les films de Xavier Dolan en attendant impatiemment Mommy, je trépigne d'impatience même (j'imagine déjà le petit voyage en bus jusqu'à Dublin, il y aura sûrement un petit-déjeuner au Winding Stair en attendant la séance, et une visite à la boutique de l'IFI après le film. J'ai hâte!) J'aime les détails que met Xavier Dolan dans ses films, les cubes de sucres rangés 
en quinconce dans le sucrier fleuri, les chaussures à talon rouges, et dorées, le pull en cachemire, les petits mots soignés.
*** 
Il est presque 1:00am lorsque le film se finit, je n'ai pas de madeleines mais une part de tarte aux pommes qui sera partagée avec gourmandise au-dessus du plat, les doigts collants de caramel et les yeux un peu rêveurs, de ce ces amours d'avant qui semblent aujourd'hui un peu imaginaires.  


Tarte fine aux pommes et à la gelée de coings
D'après une recette légèrement adaptée de la géniale Sonia Ezgulian, tirée de son nouveau livre "Ma cuisine astucieuse". Comme toujours, Sonia rivalise d'idées plus créatives et délicieuses les unes que les autres (j'ai déjà corné presque toutes les pages). Courez-y! Pour cette recette, il s'agit d'utiliser une galette de blé pour tortilla en guise de "pâte à tarte". Parfait pour un dessert express!

Pour une petite tarte pour 4 personnes 

Une grande galette de blé type "tortilla wrap"
Une belle pomme de taille moyenne (ou deux petites)
Une belle cuillère à soupe de gelée de coings maison (ou n'importe quelle confiture qui se marie bien avec la pomme: mûre, cassis, figue, rhubarbe… C'est aussi délicieux avec de la crème de pistache, et cela pourrait aussi s'accommoder très bien avec de la pâte de spéculoos, de noisettes, bref, déclinable selon vos envies.)
Une belle poignée de pistaches concassées grossièrement (ou d'amandes effilées)
4 c. à café de sucre roux
Un petit peu de beurre

C'est très simple, il faut commencer par recouvrir de papier sulfurisée une plaque à pâtisserie (ou un moule à tarte, ce que vous avez sous la main), et parsemez de petits morceaux de beurre et de sucre à roux (environ 2 c. à café). Déposer la tortilla sur ce mélange (cela va faire caraméliser la galette au four, miam!)
Tartiner généreusement de gelée de coings (il faut cependant que la couche soit assez fine, sinon cela débordera à la cuisson).
Eplucher la pomme et la découper en fines lamelles. Déposer les lamelles de pomme en rosaces sur la tortilla. Saupoudrer du reste de sucre roux, et de quelques petits morceaux de beurres. Parsemer de pistaches concassées (si vous utilisez des amandes, les ajouter 5min avant la fin de la cuisson, ou elles coloreront trop vite) et enfourner 20 à 25min dans un four préchauffé à 190°C. La tarte doit devenir bien dorée!
Déguster tiède (avec une boule de glace vanille c'est terrible!).
Cela doit être aussi très bons avec des abricots, des nectarines ou des poires en saison.

dimanche 22 juin 2014

Des envies d'été

Revoir le nouveau Takahata, poétique et ravissant et le très coloré The Boy and The World.
Rêver de pique-niques au bord de l'eau, avec du thé glacé passion-yuzu, un cake croque-monsieur, une salade de jeunes courgettes au sumac, les bruschettas d'aubergines et menthe de P., des petits cakes au citron.
Lire des magazines de filles chics.
Ecrire de longues lettres à M. et N.
Organiser un prochain voyage (en Islande ou Copenhague).
S'empresser de revoir Conte d'Ete et voir La Fabrique du Conte d'Ete, comme vivement conseillée par Patoumi, en préparant un clafoutis (abricots/framboises ou cerises?)
Réaliser un petit album des photos d'Annecy pour P., parce que c'était de chouettes baignades au lac, des films main dans la main, des millefeuilles à la framboise et des briochettes aux pralines roses. Il a dit : "j'espère que l'on reviendra encore l'an prochain".
Porter une salopette courte avec une marinière, des jupes à fleurs, des robes de couleurs vives (et plus de collants!).
Faire de belles salades, et de petits sandwhichs bien emballés (au concombre et fromage frais, au cheddar et coleslaw, à l'avocat et chèvre frais) et s'empresser d'aller les déguster dans le parc du château, pendant une pause déjeuner qui semble un peu courte.
Aller boire un grand verre de cidre à la poire en terrasse, après le studio, et discuter de l'intérêt d'avoir un bon sujet de conversation lorsque l'on rencontre Pete Docter (heureusement j'avais dans ma botte "les différentes écoles d'animation en France" - il a même pris des notes le bougre, trop flattée j'étais!).
Cuisiner des petits plats pour deux, et rougir quand P. dit "il paraît que les couples qui cuisinent ensemble durent plus longtemps". 




Des pâtes estivales - Courgette and Spinach Balls Pasta
D'après une recette de ma nouvelle bible, Pasta d'Antonio Carluccio. Jamie en avait parlé avec enthousiasme dans un de ses magazines sur l'Italie (j'aime beaucoup Jamie Oliver, mais j'avoue qu'à force de voir sa tête partout ici, sachets de pâtes et pots de sauce tomate compris, je commence à saturer un peu - je feuillette quand même son magazine de temps en temps à la librairie, par habitude je crois). J'avais été très emballée par le livre, c'est toujours chouette d'avoir des recettes de pâtes qui changent un peu du ragù et du pesto, et je l'avais longuement observé sur son étal chez Eason. Il m'a fallu y revenir trois fois pour l'acheter pour de bon - c'est mon petit côté indécis - et trois lectures entières pour me lancer dans une de ses recettes. Elles donnent toutes l'eau à la bouche, et je pense que vous en verrez souvent par ici. J'ai adapté la recette des "courgette sauce and spinach balls pasta" en y ajoutant de la ricotta et du citron, et elles sont vraiment parfaites pour un dîner d'été en amoureux (mais pas que, bien sûr). Les spinach balls rappellent vraiment la texture des boulettes de viandes, c'est une excellente alternative végétarienne - j'ai cuisiné les restes dans une sauce tomate bien épaisse et épicée, et c'était tout aussi délicieux! (P. a même préféré la version sauce tomate, mais c'est son côté anti-courgette).

Pour 4 personnes de bon appétit

400g de penne de bonne qualité (DeCecco par exempe) - Antonio utilise des pennoni, des penne géantes, si vous en trouver!

Pour les spinach balls
600g d'épinards déjà cuits, frais ou surgelés, bien égouttés 
2 oeufs bien élevés de taille moyenne, battus
2 gousses d'ails, pelées et écrasées
Une pointe de couteau de noix de muscade fraîchement râpée
50g de miettes de pains (j'ai utilisé des miettes de soda bread, mais faites avec ce que vous avez sous la main)
Environ 40g de parmesan fraîchement râpé

Pour la sauce aux courgettes et ricotta
1 courgette de taille moyenne (environ 300g), grossièrement râpée 
1 gousse d'ail, épluchée et tranchée en très fine lamelles
1 c. à café de flocons de piment séché (ou 1 petit piment, pas trop fort, épépiné et haché)
250g de ricotta
Les zestes d'un demi-citron
Une belle poignée de feuilles de basilic, hachées pas trop finement (et un peu plus pour décorer)

Du parmesan pour servir

Commencer par préparer les boulettes d'épinards. Bien essorer les épinards cuits afin qu'il n'y ait plus de jus et les hacher grossièrement. Dans un saladier, mélanger les épinards, les oeufs, l'ail, la noix de muscade, le pain et le parmesan jusqu'à obtenir un mélange assez homogène. Faire des boules de la taille d'une grosse noix (on obtient une vingtaine de boulettes). Dans une poêle, faire chauffer un peu d'huile neutre, et ajouter les boulettes lorsque l'huile est bien chaude. Les faire dorer des deux côtés, elles deviennent très brunes. Mettre de côté et garder au chaud.

Cuire les pâtes dans un grand volume d'eau bouillante salée, jusqu'à ce qu'elles soient al dente

Pendant ce temps, préparer la sauce: dans une poêle, faire revenir pendant 5 minutes dans de l'huile d'olive la courgette râpée, l'ail, le piment, le basilic et les zestes de citron. Ajouter la ricotta et un tout petit d'eau de cuisson des pâtes pour détendre la sauce. Saler et poivrer à votre goût.
Mélanger les pâtes cuites et égouttées à la sauce, puis diviser dans les assiettes (préalablement réchauffées si possible). Garnir de 4 à 5 boulettes par personne, et saupoudrer de parmesan fraîchement râpé et de basilic frais. Déguster immédiatement. 


dimanche 15 juin 2014

Le panais qui se prenait pour un carrot-cake

*

Et une liste pas encore tout à fait exhaustive des endroits où j'aime prendre le thé à Dublin.

The Winding Stair 
C'est une des dernières librairies indépendantes de Dublin, minuscule, sur les quais. On y trouve une large gamme de livres, de la littérature irlandaise, poésie, fictions - récentes et moins récentes - et de très jolis livres pour enfants (avec notamment une collection d'Oliver Jeffers très chouette). Et puis surtout, il y a deux petites tables installées à la fenêtre, où l'on peut boire thé ou café (voir même un verre de vin après avoir couru sous la pluie et raté une séance du Grand Budapest Hotel, mais c'est une autre histoire), tout en feuilletant ces futurs achats. On y trouve également un restaurant à l'étage, parfait pour les brunchs, mais j'en reparlerai peut être une autre fois. 
The Winding Stair, 40 Lower Ormond Quay, Dublin 1, Ireland 

IFI - Irish Film Institute
On y va pour voir le dernier Miyazaki, une rétrospective Ken Loach alléchante (j'ai noté The Wind that Shakes the Barley, The Angels' share et Jimmy's Hall, son petit dernier), ou le mystérieux Franck. C'est le seul cinéma de Dublin qui propose des films décents (par décent j'entends qui propose autre chose que des re-remakes de Godzilla ou Robocop, vous voyez le genre) et l'on fait souvent le déplacement depuis Kilkenny pour une immersion cinématographique. Entre deux films, j'aime bien observer les gens au petit café que le cinéma héberge, le thé n'y a rien d'exceptionnel (surtout ne prenez pas de café - ou alors prenez juste un verre d'eau, c'est à peu près pareil) mais c'est une façon assez agréable de patienter. Et puis les Irlandais ont toujours la discussion facile, et un avis marqué sur leur cinéma - qui est finalement très riche, et que je suis ravie de connaître mieux. 
Irish Film Institute Café - 6 Eustace Street, Dublin 2, Ireland

The Fumbally
C'est un des plus jolies cafés de Dublin, et j'adore y aller pour le petit-déjeuner. Leurs "eggs on toast" sont fameux, mais c'est aussi un endroit parfait pour les longs après-midis pluvieux - on peut se loger dans leur canapé moelleux et y boire du thé délicieux en oubliant le temps qui passe et le gris du dehors (marche aussi très bien pour les après-midis ensoleillés, la lumière y est magique, comme un peu partout en Irlande dès qu'un rayon de soleil se pointe).
Pour le déjeuner, je craque complètement pour leur "Pulled Porchetta" sandwich, des morceaux de porc longuement rôti, des légumes croquants et une sauce à la pomme subtilement épicé - un petit bonheur.
The Fumbally, Fumbally Lane, Dublin 8, Ireland


Avoca Café
Il faut y aller pour les plaids de toutes les couleurs, les théières fleuries et leurs tasses assorties, les petits carnets qu'on ne peut s'empêcher de collectionner, les savons à la figue, au pamplemousse ou au jasmin, les bougies de toutes les couleurs, les paniers à pique-nique parfait, mais surtout, il faut y aller pour leur carrot-cake dément et les petits sandwiches délicieux. C'est un de mes endroits préférés à Dublin, en particulier pour choisir les petits cadeaux aux filles qui aiment le thé et les pots à lait.

C'est aussi l'un des premiers livres de recettes que j'ai osé acheter en Irlande (pour certaines raisons, j'hésite toujours à l'achat, d'autant plus depuis que je vis à Kilkenny et que l'optique du futur déménagement m'angoisse rien que d'y penser). C'est un très joli livre, organisé par saison, et riches de recettes aussi bien originales que traditionnelles (et les photos sont à tomber). La recette ci-dessous a d'ailleurs largement été inspiré par leur "parsnip cake", un cake aux panais tout doux, plutôt parfait pour les goûters d'automne, mais qui me réconforte drôlement ces après-midis de Juin où je dois enfiler collants et veste de pluie pour vagabonder au marché. Je rêve de soleil, de pique-niques champêtres et de jambes à l'air sous mes jupes à fleurs, mais l'Irlande est capricieuse, l'été se fait désirer, alors je patience doucement à coup de ce cake un peu rustique et de mon Irish Evening Tea préféré (j'aime mon thé à l'irlandaise, très infusé avec un petit nuage de lait). 
Avoca, 11-13 Suffolk Street, Dublin 2, Ireland.


Cake masqué aux panais
Pour un gros cake ou 12 petits muffins 

3 beaux oeufs bien élevés
100g de sucre roux
50ml d'huile neutre (tournesol ou pépins de raisin par exemple)
100g de farine de blé
50g de poudre d'amande
50g de poudre de noisette
2 c. à café de cannelle en poudre
2 c. à café de gingembre en poudre
1 c. à café de poudre à lever
1 c. à café de bicarbonate
100g de noix de pécans, grossièrement concassées
300g de panais, épluché et râpé (pas besoin de râper trop finement)
environ 60g de gingembre christallisé, découpé en petits morceaux

Pour le glaçage (indispensable)
300 de cream cheese, type Philadelphia
 150 à 200g de sucre glace, selon les goûts
les zestes d'une grosse orange, biologique de préférence (ou de zestes d'oranges confites)
le jus d'une demi-orange
environ 100g de noix grossièrement concassées

Préchauffer votre four à 170°C.
Dans un saladier, battre longuement les oeufs, le sucre et l'huile jusqu'à ce que le mélange pâlisse, et devienne mousseux. Dans un autre bol, mélanger la farine, les poudres d'amande et de noisette, la cannelle, le gingembre, la poudre à lever et le bicarbonate. Y ajouter les noix de pécans concassées. Mélanger ensuite ce mélange "sec" au mélange liquide, jusqu'à ce que le tout soit bien homogène. Ajouter finalement les panais râpés, et le gingembre cristallisé. Verser dans un moule à cake recouvert de papier sulfurisé (ou dans des moules à muffins beurrés et farinés) et faire cuire pendant environ 50min pour le cake, 20min pour les muffins. Bien surveiller, le cake doit être bien doré. Laisser refroidir complètement avant de le glacer.

Pour le glaçage, mélanger le cream cheese, le sucre glace, les zestes d'oranges (garder en un peu pour décorer) et le jus d'orange. Le glaçage est bien brillant. Disposer sur le cake, et ajouter joliment les noix et le reste de zestes d'orange pour décorer. Déguster en laissant planer le mystère sur votre ingrédient secret.

*Une illustration de Miroslav Šašek  dans This is Ireland.

lundi 2 juin 2014

Une lettre à M. - et des biscottis à l'amande et à l'orange

Elles arrivent toujours dans une enveloppe colorée, décorée de masking-tape fleuri, et portent l'écriture chaleureuse de M. Toujours, des mots doux comme des gourmandises. J'adore recevoir les lettres de M., qui me font oublier un instant que nous ne buvons plus des bubble teas au sésame aussi souvent que je l'aimerai, qu'il n'y a plus de rendez-vous au Musée des Arts Décoratifs avec N., ni de frénésie dansante jusqu'au petit matin. A la place, il y a eu quand même une chouette visite à Kilkenny ( il faut revenir!), un cheese-cake au Baileys partagé le premier matin de l'année, et surtout, le choix délicat des cartes* à envoyer, le choix délicat des mots à y déposer. Je laisse toujours trop de temps entre nos correspondances, et cette fois-ci pour me faire pardonner j'avais envie d'y ajouter une petite douceur repérée il y a quelques temps et ajouter à ma (trop longue) liste de recettes à tester. Je ne pouvais décemment pas la partager avec elle sans avoir fait un premier essai, et j'ai adoré l'odeur envahissante de l'orange de ces biscuits croquants à la sortie du four, ainsi que l'étape gourmande mais indispensable du glaçage au chocolat.

P., mon goûteur préféré, a dit après une première bouchée: "il faudrait écrire à M. plus souvent" - J'étais bien d'accord.


Biscottis à l'amande et à l'orange - d'après une recette du très joli blog Call me cupcake

Pour une vingtaine de biscuits
2 oeufs bien élevés
150g de sucre blond
100 grammes d'amandes entières
300g de farine
1 c. à soupe d'extrait naturel de vanille
1 c. à café de poudre à lever
Une pincée de sel
Les zestes d'une orange (buvez le jus) - de préférence bio
200 grammes de chocolat noir de bonne qualité

Préchauffer le four à 200°C.

Dans un saladier, battre les oeufs, le sucre et la vanille jusqu'à ce que le mélange devienne pâle et mousseux. Ajouter les zestes d'orange. et mélanger. Hacher grossièrement les amandes et réserver.
Dans un autre saladier, mélanger la farine, la poudre à lever et le sel. Ajouter ce mélange "sec" au mélange oeufs-sucre et battre à l'aide d'une cuillère en bois jusqu'à obtenir un mélange homogène. Y ajouter les amandes (le mélange est très collant).
Verser la pâte sur une plaque à pâtisserie recouverte de papier sulfurisé afin de former un boudin d'environ 35cm de long sur 10cm de large (on peut aussi faire de plus petits biscottis en divisant la pâte en deux et en formant deux boudins plus fins). Faire cuire 16-18 minutes.
Retirer du four et laisser refroidir. Baisser la température du four à 150°C et découper le boudin en tranches d'environ 1,5cm d'épaisseur.
Déposer les biscottis sur la même plaque à pâtisserie et les faire cuire 10 minutes. Retourner les, et les remettre au four 10 minutes. Il faut les surveiller, ils ne doivent pas trop colorer.
Laisser refroidir.

Pendant ce temps, faire fondre le chocolat selon votre moyen préféré (au bain-marie ou au micro-onde), et y tremper la moitié de chaque biscuit. Déposer sur une grille et laisser complètement refroidir.
Ces biscuits se conservent très bien une semaine dans une boîte hermétique. Ils sont vraiment trop bons avec le café.

*La carte choisie cette fois là (en photo) est une très jolie reproduction de la collection de papiers décorés d'Olga Hirsch.

dimanche 1 juin 2014

Ce n'est qu'un début

Il est toujours difficile de commencer, je trouve. 
Cela faisait longtemps que l'idée me trottait en tête alors je me lance. Ceci est un blog pour les recettes que l'on se promet de faire et pour lesquelles on n'a jamais le temps, les recettes des pages cornées de nos livres de cuisine, les recettes écrites à la va-vite sur un post-it, un carnet, le dos d'une facture. Celles que l'on recopie soigneusement de ce livre feuilleté à la librairie, mais que l'on n'a pas trop envie d'acheter. Celles que l'on a entendu une fois à la radio, notées et oubliées au fond d'un tiroir. Des petits festins qu'il est temps de faire passer en cuisine.